Cast Behind The Magic : rencontre avec Marie-Geneviève, responsable de la Médiathèque

Peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours au sein de Disneyland Paris ?

Je m’appelle Marie-Geneviève Masseron. Je suis arrivée au sein des équipes Audiovisuel Broadcast à la fin de l’année 2008, en tant que responsable de la photothèque.

La photothèque occupait alors un très grand espace. Les personnes venaient principalement sur place pour consulter les photographies, dont beaucoup existaient encore sous forme de pellicule, diapositives, d’ektas.  Nous sommes passés aux prises de vue numériques à partir de 2002 et avons surtout développé la numérisation à partir de 2015. Mon rôle a ensuite évolué : je suis devenue responsable de la médiathèque lorsque nous avons commencé à réceptionner et à gérer également les vidéos.

Auparavant, les vidéos étaient gérées séparément par le studio vidéo. Elles dépendaient d’une division très spécifique. Les vidéos étaient conservées essentiellement sous forme de cassettes et de bobines.

Quelles sont concrètement tes principales missions au quotidien ?

Je réponds à de très nombreuses demandes, car nous constituons un point central en conservant les archives historiques de Disneyland Paris. Je travaille également avec Emilie qui fait aussi un travail précieux !

Une partie importante de notre quotidien consiste à administrer la base de données dématérialisées. Lorsque nous recevons des photographies finalisées, retouchées et validées par les différentes équipes, nous devons les référencer. Nous travaillons également avec les équipes de production photos et vidéos afin de récupérer les différents tournages et shootings pour les ajouter à notre médiathèque. Notre objectif est donc de mutualiser et de centraliser les contenus, aussi bien pour leur utilisation que pour leur conservation patrimoniale. Nous devons respecter les nomenclatures officielles des attractions et des lieux, ainsi que les mentions de copyright ou de marque déposée lorsqu’elles sont nécessaires. Il faut également renseigner précisément le sujet de l’image, son emplacement ou les personnes qui y figurent. Plus l’indexation est précise, plus la personne qui recherchera ensuite la photographie ou la vidéo aura de chances de la retrouver.

Nous sommes sollicités par l’ensemble des services. Comme nous sommes rattachés à la division Marketing, une grande partie des demandes concerne des opérations de communication. En ce moment, nous travaillons par exemple beaucoup sur Halloween et Noël. Ces derniers temps, nous avons également été très mobilisés par la gestion des productions et de la post-production autour de Disney Adventure World. Nous avons livré énormément de contenus photo et vidéo, destinés aussi bien à la Presse qu’au Marketing, aux équipes de Vente ou aux agences.

Certaines photographies restent-elles uniquement conservées dans les archives physiques ?

Oui. Nous avons encore ce que nous appelons la « petite photothèque ».

Nous conservons encore des tiroirs remplis de pellicules ou d’ektas de petits et de moyens formats. Il reste énormément de contenus à numériser.

Je travaille beaucoup sur ce sujet avec Christophe, notre infographiste, qui scanne de nombreux lots d’images. Ensemble, nous sélectionnons les meilleures photographies à partir des planches originales, car il peut y avoir des images ratées ou de nombreuses prises très similaires. Les photographies retenues sont ensuite scannées. Christophe les nettoie, retire les poussières et peut également retravailler légèrement la chromie ou raviver les couleurs. Nous pouvons alors les réintégrer dans notre plateforme.

Ces images ne sont toutefois pas systématiquement mises à la disposition de tous, notamment pour des questions de droits. Beaucoup de photographies ne disposent plus de droits de diffusion valides ou montrent des éléments devenus obsolètes. Elles peuvent néanmoins être recherchées lorsqu’un Cast Member ou un service nous adressent une demande précise.

Nous avons encore énormément de pépites qui n’ont pas été découvertes. Même si je suis ici depuis un certain temps, nous n’avons jamais eu la possibilité, compte tenu de toutes nos autres activités, de fouiller l’intégralité des anciennes archives. Nous retrouvons parfois des choses assez amusantes. Nous avançons notamment de manière chronologique dans la numérisation. Nous avons commencé avec les images de 1991 et nous arrivons actuellement à 1993. Récemment, nous sommes ainsi retombés sur les photographies d’un concert organisé au Billy Bob’s avec des musiciens de country visiblement très connus. Cela permet de redécouvrir de petites pépites que même les personnes présentes à l’époque ne connaissaient pas forcément !

Nous continuons donc à retrouver et à faire ressortir de nombreux petits trésors de nos archives.

À force de travailler avec des photographies d’archives, as-tu développé des réflexes ou une expertise qui te permettent de dater une image simplement en la regardant ?

Oui. Il y a tout d’abord une différence évidente entre la photographie argentique et la photographie numérique. Ce sont deux rendus totalement différents.

Même lorsqu’une photographie argentique est scannée et numérisée dans la base, elle conserve un grain particulier. Les photographies numériques sont beaucoup plus précises. Les technologies actuelles permettent d’obtenir des images extrêmement détaillées, avec une netteté que nous ne pouvions pas forcément atteindre en argentique.

À l’inverse, les photographes de l’époque argentique avaient également une manière différente de composer et de prendre leurs photographies. Il y a donc déjà toute cette dimension technique.

Ensuite, les vêtements donnent beaucoup d’indications. La manière dont les personnes s’habillaient dans les années 1990 est très différente de celle d’aujourd’hui.

Parmi toutes les archives que tu as manipulées ou redécouvertes, y a-t-il une image, une série de photographies ou une période qui t’a particulièrement marquée ?

Ce qui m’a probablement le plus marqué, même si cela peut sembler assez classique, ce sont toutes les photographies aériennes réalisées avant la construction du parc. Ces images sont vraiment impressionnantes. On peut observer l’évolution du site et voir comment de simples champs se sont transformés, en très peu de temps, en un lieu entièrement construit et absolument fabuleux.

Il existe donc encore de nombreuses images de choses qui ne sont plus visibles aujourd’hui. Savoir qu’elles existent encore quelque part est assez incroyable.

Oui, nous conservons énormément de choses. Nous avons même les vidéos qui étaient autrefois diffusées sur les téléviseurs des hôtels, par exemple. Ce sont des contenus auxquels certaines personnes associent de véritables souvenirs.

Même ce qui n’est pas encore considéré comme du patrimoine aujourd’hui le deviendra demain. Les visuels actuels pourront déjà être considérés comme patrimoniaux l’année prochaine. Nous travaillons donc toujours dans l’objectif de perpétuer les images et de faire en sorte qu’elles puissent être retrouvées à l’avenir. Nous avons tous notre manière de renseigner une image, mais nous devons toujours nous poser la même question : est-ce que quelqu’un pourra facilement la retrouver dans dix ans, lorsque je ne serai plus là ? Il faut constamment se mettre à la place des autres et réfléchir en termes de continuité et de logique, afin que notre travail reste facilement compréhensible.

C’est un métier qui consiste à travailler avec le passé tout en pensant au futur.

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