Un tout nouveau chapitre du Festival Halloween Disney s’ouvre cette année à Disneyland Paris. De Main Street, U.S.A. au Théâtre du Château, une décoration totalement inédite vient de prendre place, racontant une toute nouvelle histoire. Le scénographe Olivier Dusautoir nous en dévoile tous les secrets…
Bougies incandescentes, citrouilles miroitantes, lumières et musiques envoûtantes… pas de doute, le Festival Halloween Disney est bien lancé au Parc Disneyland ! Mais cette année, c’est un festival inédit qui démarre. Après les hommes citrouilles et les Sorcières roses, après les tournesols et les moissons, une toute nouvelle histoire fait son apparition. Dès l’arrivée dans le Parc, les splendides vitraux façon Tiffany qui ornent Main Street Station donnent le ton : les Méchants Disney ont pris le pouvoir !

Retour aux classiques Disney
Pour concevoir cette nouvelle mouture du Festival Halloween Disney, le scénographe Olivier Dusautoir a commencé à travailler avec la direction creative composée notamment de Serge Kypriotti et Matthieu Robin dès après la saison de l’année dernière. Avec l’envie de faire évoluer la saison en restant à l’écoute des attentes des visiteurs, notamment de leur enthousiasme pour les Méchants Disney, l’équipe a choisi de revenir aux sources pour imaginer cette nouvelle édition.
« Très vite, nous avons eu l’idée de revenir à la base : les Méchants Disney. Nous nous sommes donc replongés dans les Classiques en sélectionnant tous les moments où les Méchants prennent les choses en main ! Du point de vue visuel, la plupart de ces scènes ont en commun une signature très forte, à la fois sombre et très dynamique. C’est sur cette base que j’ai construit mon approche. »
Fort de ces observations, Olivier a commencé à créer un langage graphique spécifique. « Ce qui m’importe, avant même de dessiner, c’est de savoir comment je vais dessiner. C’est ma façon à moi de mettre dans l’esprit de la saison. Exactement comme un comédien se met dans la peau de son personnage en enfilant son costume.
J’ai donc pris mes outils de scénographe et j’ai commencé à dessiner. Je travaille majoritairement sur tablette mais aussi sur papier. Je ne fais pas de colorisation, pas de 3D. Juste le dessin, en noir et blanc. En m’appuyant sur ce que j’avais vu dans les Classiques, j’ai développé un style un peu plus agressif, un peu plus sombre, avec des ombres, des hachures… Je me suis mis à dessiner dans l’esprit des Méchants, avec des formes torturées, mouvantes, qui se tordent et viennent par-dessus les personnages, de manière menaçante. Partant de là, je me suis amusé à revisiter des éléments iconiques d’Halloween : la nuit, la forêt, des ronces, des objets qui prennent vie, des arbres qui se transforment en monstres... »
Olivier s’est également inspiré des Classiques pour concevoir les nouvelles couleurs du festival : « Toutes ces scènes de Méchants ont une palette de couleurs commune. On est sur du vert, du violet, des bleus turquoise, du gris, du noir. J’ai donc décidé de reprendre cette palette et de la transposer dans l’univers et les traditions d’Halloween. Le violet côtoie le orange et parfois même les deux se mélangent pour donner un violet un peu oranger très évocateur ! »

Un spot qui dépote !
Le décor du Théâtre du Château est emblématique de cette démarche artistique. Opportunément érigées sur le côté du Château de la Belle au Bois Dormant et non loin du Puit Magique, ces ruines hantées ne renvoient pas à un dessin animé en particulier mais constituent un environnement dans lequel Méchants et Méchantes de tout poil peuvent se sentir comme chez eux. « En reprenant les codes des dessins-animés et en se concentrant sur les points communs entre tous les Méchants, on peut passer de la Méchante Reine à Maléfique en utilisant les mêmes artefacts, les mêmes couleurs, dans une esthétique cohérente. Dans le décor du Théâtre du Château, les pierres sombres, avec des réhauts violets, voire même fluo, apportent un côté décalé, comme si nous étions de nuit. On devine des traces de griffes – probablement d’un dragon… On peut même voir Diablo, le corbeau de Maléfique, en train de se poser sur l’un des blasons. Quant au lierre grimpant, il rappelle la végétation mouvante du cauchemar de Blanche-Neige et apporte un côté vivant à l’ensemble. Le décor est un personnage à part entière. Nos visiteurs pourront y retrouver Maléfique ou La Méchante Reine, mais ils auront tout autant de plaisir à le photographier pour lui-même. »
36 chandelles… Et plus encore !
Parmi les autres éléments iconiques de cette nouvelle décoration, on compte une quarantaine de citrouilles d’un design inédit et plus de 130 bougies, dont une soixantaine répartie rien que sur le toit de Main Street Station. « C’est un classique d’Halloween que nous n’avions que peu exploité par le passé et qui prend ici toute sa place. » Imaginées en collaboration avec le Concepteur Lumière Adrien Mourey, elles diffusent quand vient le soir une aura envoûtante sur Main Street.
Certaines d’entre elles affichent clairement l’apparence de nos personnages iconiques. Pour fêter Halloween, les habitants de Main Street ont en effet eu l’idée d’organiser un concours de sculpture de bougies à l’effigie qui de Dingo, qui de Donald – une manière d’apporter une touche d’espièglerie dans cette fête joyeusement effrayante !
Un Halloween terriblement victorien
Autre élément décoratif cher aux habitants de Main Street, les « buntings », ces bannières et autres draperies typiques de la tradition victorienne que l’on retrouve derrière Main Street Station et sur les lampadaires de la rue. Ces derniers arborent également des têtes de Mickey en feuilles d’acanthe. « Très utilisées à l’origine dans l’architecture antique, les feuilles d’acanthes se retrouvent tout aussi bien dans le style victorien. À la différence que les nôtres sont très stylisées, et peintes avec des reflets bleus, verts et turquoise. »
Mais surtout, les visiteurs ne manqueront pas de remarquer sur ces mêmes lampadaires d’élégantes silhouettes de Méchants façon papier découpé, à la manière des silhouettistes que l’on trouve parfois aux abords de Main Street Motors. Dix Méchants Disney ont été ainsi mis en avant et intégrés sous forme de médaillons dans la décoration de la ville. Il faut dire que le côté dandy d’un Facilier ou d’une Reine de Cœur s’intègre parfaitement dans l’esprit du lieu !

Un travail d’équipe
La réalisation de l’ensemble de ces décorations fut une aventure en soi, associant le savoir-faire des artisans de Disneyland Paris à celui d’entreprises extérieures. Environ un quart des décorations a été fabriqué par les ateliers de Disneyland Paris, notamment l’atelier décoration spectacle ou encore l’atelier draperie. Le reste a été réalisé par des ateliers situés en région parisienne.
Véritable pièce maîtresse de toutes ces nouvelles décorations, l’imposant médaillon de la gare de Main Street, U.S.A. a par exemple été fabriqué par les ateliers Paradis Expansion, situés à Crécy-la-Chapelle et collaborateurs de longue date de la destination – à qui l’on doit d’autres décors emblématiques de la destination, comme dans l’attraction Ratatouille : L’Aventure Totalement Toquée de Rémy ou Cars ROAD TRIP.
« En plus de la conception, mon rôle est aussi de coordonner la production des décorations, explique Olivier. Nous avons travaillé en collaboration avec trois ateliers extérieurs. Dans la mesure où chacun d’entre eux a son propre savoir-faire et ses propres artistes, le lien entre tous est essentiel pour être raccord les uns avec les autres. En particulier quand on travaille avec la lumière. Lorsqu’un objet est rétroéclairé, il change de teinte. On doit donc peindre chaque élément décoratif éteint et allumé et s’assurer de l’homogénéité de la couleur sur l’ensemble des décors. »
Et une fois les éléments créés, il faut passer à l’installation – toujours de nuit ! Environ 15 jours de montage ont été nécessaires pour que tout soit prêt pour le 26 septembre, date du lancement du festival !


Frissons de bonheur
Après avoir laissé libre cours à son sens de l’émerveillement pour la saison de Noël, et notamment sur Mickey et sa Parade Étincelante de Noël, Olivier Dusautoir ne cache pas son bonheur de revenir à Halloween. « Quand je suis arrivé au bureau d’études Scénographie de Disneyland Paris au début des années 2000, j’ai assisté tous les scénographes de l’époque. J’étais loin de me douter que, quelques années plus tard, c’est moi qui allais être responsable du développement scénographique du festival ! Je suis vraiment ravi d’avoir été missionné sur cette saison et d’avoir eu l’opportunité de créer quelque chose de nouveau. C’est un défi vraiment passionnant ! »
Et ce n’est pas fini ! Cette année n’est que le prélude à une plus large évolution du festival. « Je ne peux pas tout révéler dès maintenant, mais l’histoire que nous avons imaginée est une sorte de roman à tiroirs mettant en vedette à la fois nos VIP et les Méchants Disney. Nous avons trouvé un axe très intéressant qui va nous permettre de développer le Festival Halloween Disney d’une manière totalement inédite au fil des saisons. Chaque détail présent aujourd’hui a donc été conçu pour prendre part à une histoire encore plus vaste qui va s’étoffer et prendre de l’ampleur année après année. C’est un Halloween vraiment différent qui est en train de prendre forme ! »

The Unlucky Nugget Saloon plus envoutant que jamais
À Frontierland, The Lucky Nugget Saloon se voit une nouvelle fois transformé en The Unlucky Nugget Saloon, inspiré de l’univers de Phantom Manor. Le lieu invite les épicuriens à revenir sur les traces de la réception de mariage de Melanie Ravenswood, qui ne fut jamais célébré.
Face à l’enthousiasme suscité par l’expérience l’an dernier, les Imagineers ont décidé pour cette nouvelle saison d’Halloween d’étendre l’expérience au premier étage du restaurant et à ses alentours. Ainsi, une galerie de portraits a été installée dans la mezzanine, dont certains particulièrement familiers raviront les fans de Phantom Manor.
« Avec ces nouveaux décors, nous souhaitons continuer à enrichir notre histoire pour les visiteurs qui ont déjà apprécié The Unlucky Nugget Saloon l’an dernier. Nous avons aussi ajouté de nouveaux effets lumineux et sonores, ainsi qu’un livre d’or abandonné, contenant les vœux de mystérieuses personnes, peut-être reconnaissables, à l’intention de la future mariée ! », déclare Thomas Levert, Show Designer chez Walt Disney Imagineering Paris.
À deux pas de The Unlucky Nugget Saloon, le Last Chance Cafe a rejoint la célébration du mariage de Melanie Ravenswood, et se pare de décorations et de fanions annonçant “Celebrating the Ravenswoods” – désormais défraîchis, les noces n’ayant au final jamais eu lieu. Le kiosque à popcorn et la place centrale de Thunder Mesa accueillent également de nouvelles décorations, dont une arche de mariage couverte de fleurs, témoignant de l’engouement initial des habitants pour les noces de la famille la plus influente de la ville.

