Célébration à Arendelle est le tout premier spectacle de Disneyland Paris à se dérouler essentiellement sur bateaux. Et pas n’importe lesquels : des bateaux originaux, imaginés tout spécialement pour cette occasion très particulière.
Le concepteur-scénographe Thomas Gallou nous en dit plus sur leur création.

Pour transporter Anna et Elsa, ainsi que Kristoff, Olaf et les villageois à travers le fjord de World of Frozen, les créateurs de Célébration à Arendelle ont imaginé pas moins de trois bateaux différents, chacun ayant sa propre forme et sa propre esthétique.
Le bateau de Kristoff reprend les couleurs et l’emblème officiel d’Arendelle, le crocus, symbole de renouveau. Mais le détail le plus saillant de son design reste assurément sa proue, dont la forme n’est pas sans rappeler une figure incontournable d’Arendelle… Thomas Gallou se souvient : « La première image qui m’est venue à l’esprit quand j’ai discuté de ce projet avec les metteurs en scène Françoise Baffioni et Matteo Borghi, c’est celle de la proue du bateau à l’effigie de Sven. Le meilleur ami de Kristoff n’a pas vraiment le pied marin, mais les deux sont inséparables. Alors, à défaut de l’avoir physiquement à bord, cette proue était une manière de lui rendre hommage. C’est une sculpture très élégante, avec un côté très ouvragé, fait main. »

La barge met quant à elle les villageois d’Arendelle à l’honneur et recrée de manière spectaculaire la fleur de neige, icône du festival.
Enfin, les courbes et la décoration du troisième bateau sont à l’aune royale d’Anna et Elsa, reprenant les couleurs des deux reines, celles-là mêmes que l’on retrouve sur la fleur de neige, unissant le soleil et la glace.
La conception de ces bateaux fut non seulement une nouveauté pour les équipes Spectacle de Disneyland Paris mais a également représenté un véritable défi, comme l’explique Thomas : « On connaît les bateaux scandinaves drakkars depuis des siècles. Mais en fabriquer avec nos contraintes de spectacle et de magie, c’est une tout autre affaire ! Sur un char de parade, tous les éléments techniques sont cachés. Or, si nous avions fait la même chose sur un bateau, cela aurait posé de graves problèmes d’étanchéité. Nous avons donc pris le parti d’assumer les choses en faisant en sorte que lumières et effets spéciaux fassent partie intégrante du design, tout comme le poste de pilotage – car nos bateaux sont conduits à la main. Il n’y a ni rail ni pilote automatique. Au contraire, nous avons de véritables villageois d’Arendelle conducteurs, formés tout spécialement pour l’occasion ! »

Le lieu du spectacle a aussi son importance, notamment pour déterminer la taille des bateaux : suffisamment grands pour permettre aux personnages d’évoluer à leur bord, tout en restant maniables, et avec une ligne de flottaison adaptée à la profondeur du fjord. « Sur la plupart de nos projets, nous connaissons déjà parfaitement les lieux : nos scènes, nos théâtres ou encore la route de la parade. Mais cette fois-ci, il a fallu imaginer nos bateaux en parallèle à la création du Land. Je me souviens encore de ma première visite du chantier, quand j’ai découvert ces grands espaces alors vides et que j’ai dû me projeter pour imaginer le village d’Arendelle, le port et le lac tout entier, et par voie de conséquence les bateaux qui allaient devoir évoluer dessus. »
De plus, le port étant situé légèrement en hauteur par rapport au fjord, il a fallu concevoir l’aspect visuel des bateaux du point de vue des spectateurs qui allaient ainsi voir les bateaux sous tous les angles, y compris l’intérieur. « C’est pour cela que nous sommes allés très loin dans l’étude de chaque détail tant sur l’extérieur du bateau que sur l’intérieur, pour que tout soit cohérent. »
Pour ce faire, tout en reprenant les codes visuels de l’univers de La Reine des Neiges qu’il connaissait déjà sur le bout des doigts, Thomas s’est plongé dans l’histoire de la construction navale nordique.
Il a su également s’entourer d’équipes à la fois talentueuses et motivées par l’originalité du projet, à commencer par celles du Département Technique Spectacle de Disneyland Paris, dont le rôle est de rendre techniquement réalisables les idées des créateurs. Il s’est ensuite tourné vers des fournisseurs tels que le renommé constructeur naval français Couach Construction Navale, situé sur le bassin d’Arcachon et avec plus de 120 ans d’expérience dans la construction de navires professionnels, pour réaliser la structure globale des bateaux. La décoration extérieure du bateau de Kristoff, a quant à elle été réalisée par les artisans de Prelud, atelier situé près de Dijon, collaborateur de longue date de Disneyland Paris. Ce sont des sculpteurs, des peintres, des menuisières, qui ont permis, entre autres, d’apporter ce côté « fait main » au projet. « Ce sont des sociétés familiales très attachées aux traditions de leurs métiers respectifs. Toutes ces équipes ont été ravies de pouvoir participer à la fabrication de nos bateaux et de valoriser ainsi leurs savoir-faire. Comme j’aime à le dire, cette collaboration à la fois technique, artistique et humaine a vraiment été chouette ! ». Près de 400 fournisseurs, dont 83% d’entreprises françaises comme Prelud et Couach Construction Navale, ont contribué à cette transformation sans précédent appuyée par un savoir‑faire et une expertise d’exception.
Du premier croquis à la première maquette 3D volumétrique, et de la découverte du premier gabarit en taille réelle taillé dans le polystyrène aux travail minutieux des décors, chaque étape de cette aventure fut un événement en soi. « C’est vraiment comme un puzzle, où chaque élément arrive l’un après l’autre, d’abord la base, puis les couleurs, les textures, les frises, les lumières, puis encore plus de détails. C’est un flot continu d’avancées, de défis et d’émotions partagées. »
Mais l’un des sommets de ce voyage fut incontestablement l’arrivée des bateaux à Disneyland Paris. « Nous avons tous retenu notre souffle. Voir les bateaux s’élever dans les airs avant d’être déposés dans le lagon, puis les voir flotter, et les découvrir pour la première fois à la lumière du jour, reflétés par l’eau tel un miroir, c’était magique ! »
Un moment d’autant plus exceptionnel pour Thomas, qui fête actuellement ses dix ans au sein de Disneyland Paris, après avoir contribué à des projets aussi emblématiques que le Festival Halloween Disney (notamment des décors colorés et automnal), l’événement Disney Fan Daze, le spectacle A Million Splashes of Color ou encore le Disney Music Festival. « C’est un projet très attendu, parce qu’il a trait à la fois à La Reine des Neiges et à l’ouverture de Disney Adventure World. C’est un vrai défi, mais c’est en même temps une grande fierté. Je peux dire que je suis le premier à avoir conçu des bateaux pour un spectacle de Disneyland Paris. Pour mes 10 ans dans l’entreprise, je trouve que c’est un très beau cadeau ! »

Pour rappel :
Célébration à Arendelle, est un spectacle haut en couleur quinzaine de minutes, présenté plusieurs fois par jour. Tandis qu’Olaf, Kristoff et les villageois s’affairent aux préparatifs du Festival de la Fleur de Neige, l’adorable bonhomme de neige, chargé de la décoration, fait face à quelques difficultés. Grace à l’aide de ses amis et aux pouvoirs de la Reine Elsa, la célébration prend vie en illuminant la Baie d’Arendelle. Dans cette atmosphère joyeuse, rythmée par des airs incontournables de la saga comme « Libérée, Délivrée » ou « Je te cherche », les visiteurs sont invités au cœur de cet événement festif.